A Faugères foisonnent les constructions en pierre sèche, ressuscitées par la volonté de l’Association Pierre Sèche.

Le parcours de découverte a été réalisé par l’Association Pierre Sèche avec le soutien du réseau Carrefour des Patrimoines et vous emmène pour une balade d’environ 1h30 à travers le village et la garrigue.

Vous admirerez le caractère exceptionnel des constructions en pierre sèche.

Communément appelées « Capitelles », les abris provisoires sont appelés ici « Carabelles ».

Ce type d’architecture désigne une manière de monter les murs sans utiliser de mortier (sable, ciment, chaux) pour souder les pierres les unes aux autres et en assurer la solidité. Il démontre l’adaptation de l’Homme au milieu naturel.


Départ depuis le centre du village.

Prendre à droite de l’Eglise la Rue de Derrière la Ville, puis virez à gauche en haut en suivant la Rue du Portail d’Amont.

Vous arrivez ensuite à la Place Emile Ségui dite « La Tune ».


Vous voici à la Place Emile Ségui, dirigez-vous vers la Rue du Vieux Château.

La place Emile Ségui dite « La Tune » est un ancien aven, fosse naturelle écroulée par les mouvements de terrain. Elle a ensuite été comblée puis aménagée et arborée.

Sur votre droite, vous pouvez apercevoir une calade, un escalier aménagé dans la pierre selon la technique de construction en pierre sèche.

C’est le « chemin des Tunes » emprunté il y a bien longtemps par les agriculteurs et les bergers pour se rendre aux champs. Tel un chemin de « chèvres », il escalade la falaise, grimpe entre deux murets avec un dénivelé d’une trentaine de mètres.


A la fin de la place, tournez à droite et prenez la Rue du Vieux Château.

La dernière maison de la place porte encore les traces des anciens remparts qui délimitaient l’enceinte du village au XIIème siècle.


Poursuivez la Rue du Vieux Château et remontez ensuite à droite la petite Rue du Grand Verger qui grimpe jusqu’aux dernières maisons du village.

A cet endroit, vous pouvez apercevoir les premiers chemins délimités par des murets en pierre sèche. Ces « chemins oubliés » recouverts par la végétation ont été retrouvés et restaurés.


Poursuivez le chemin jusqu’au croisement, vous êtes sur le délaissé de l’ancienne route. Continuez à droite sur 50m et tournez de nouveau à droite. Un panneau marque le début du « Chemin des Carabelles » qui serpente sur le Mont Marcou.

A quelques centaines de mètres à gauche l’ancienne carrière de marbre exploitée jusqu’au XIXème siècle. Les roches calcaires métamorphisées en marbre y sont encore bien visibles au sol en dalles et blocs.


Arrivez au carrefour de La Grenouille.

Ce carrefour est le départ ou l’arrivée de six chemins et de 5 lieux-dits : La Marbrière, La Pialla, Les Trois Tours, Le Payssel et Les Caussines.

C’est à cet endroit que la plupart des chemins de la pierre sèche se croisent : les « chemins oubliés » que vous avez déjà croisés, le chemin des écoliers et le Chemin du four à chaux qui redescendent vers le village.

Un tesson de poterie qui daterait de l’âge du fer, a été trouvé lors de la restauration d’un mur de ce carrefour.

Dans la partie haute du carrefour, dans un des murets une étroite guérite permettait à un homme de monter la garde tout en s’abritant du vent ou du soleil.


Continuez sur le chemin des Carabelles.

A quelques centaines de mètres à gauche, par un sentier qui monte encore à gauche, vous apercevez de très loin la grande Carabelle au niveau du pylône, mais revenir sur le chemin …


Retrouvez le sentier principal sur votre droite, poursuivez-le en montant.

A gauche, deux Carabelles dans les pins. Puis un peu plus loin sur votre droite, prenez le tout petit sentier en longeant le muret dans lequel est inclus un asseitadou, siège aménagé dans les pierres. Allez jusqu’aux deux autres Carabelles dans les pins.


Poursuivez le sentier des Carabelles, passez la citerne sur votre droite. Continuez jusqu’au croisement et prenez à droite.

A quelques dizaines de mètres sur votre gauche, vous trouverez deux des premières Carabelles restaurées par l’Association Pierre Sèche.

Juliette

L’une très imposante « Juliette » à laquelle on accède par un petit sentier et l’autre qui porte le nom de « Jeanne » COLIGNON, la fondatrice de l’Association.

Jeanne

Au niveau du croisement bifurquez à droite en direction des Trois Tours.


Arrivez aux Moulins, lieu-dit Les Trois Tours.

Ces Moulins datant du XIIème siècle ont été restaurés il y a quelques années.

Admirez le panorama qui s’étend jusqu’à la mer et aux Pyrénées, et aussi sur le Mont Marcou et les Carabelles.


Pour continuer la balade, prenez le Chemin Moulinié qui descend sur votre droite.

En suivant les murets de pierre sèche, sous le bois de chênes verts …


A la fin du sentier prendre la direction du village, à droite.

A quelques dizaines de mètres à droite, dorment les restes de l’ancien four à chaux. A partir des roches calcaires locales, il produisait la chaux entrant dans la composition des mortiers locaux.


Continuez la descente sur le village par le chemin des Trois Tours. A droite prenez la Rue du Portail d’Amont.

Sur une des façades, vous trouverez les restes de l’ancien portail qui fermait l’enceinte médiévale.

Continuez la Rue du Portail d’Amont jusqu’à la Place Emile Ségui, c’est la fin de la balade…



De la récolte des pierres jusqu’aux Carabelles

Tout commence avec la mise en culture des parcelles. Les agriculteurs doivent défricher, débroussailler la garrigue d’une formation végétale très dense.

On retire de nombreuses pierres de ces opérations. Les pierres peuvent être mises en tas assez organisés, appelés « clapas ».


Au lieu de clapas, on peut utiliser la pierre pour monter des murets.

Les pierres ordonnancées représentent un gain de place considérable. On peut trouver de nombreuses fonctions aux murets : ils délimitent, clôturent les parcelles agricoles et sur les terrains en pente, ils soutiennent la terre pour les cultures en terrasses.

Les murs peuvent aussi dessiner et accompagner les chemins. C’est ainsi que les bergers ont délimité de nombreux chemins entre deux murets afin d’encadrer leurs troupeaux. On parle alors de « drailles ».


Enfin bergers et agriculteurs construisent les premières Carabelles. De tailles variées, les constructions sont adaptées aux besoins des propriétaires : abris en cas de pluie, remises, habitats temporaires …

Les constructions se font en périodes creuses, lorsqu’il y a peu de travail à la vigne et dans les champs. Cependant, l’entretien des murets et des Carabelles demande une observation et de nombreux ajustements : il faut parer aux assauts de la pluie, de la végétation et des passages de gibiers.


Entant donné la nature et les fonctions des ouvrages en pierre sèche on ne peut avancer une datation précise. Certains historiens situent les premières constructions il y a plus de 3 000 ans durant la préhistoire.

A Faugères seule une Carabelle porte une inscription sur son linteau : 1822.


Les paysages sont le résultat de plusieurs centaines de millions d’années d’activités géologiques et de variations climatiques auxquelles il faut ajouter l’action de l’érosion : le vent, la pluie.

Les hommes, à travers les différents époques, ont su utiliser au mieux ces ressources naturelles pour se nourrir, se loger et cela jusqu’à développer des techniques, des savoir-faire respectueux du territoire.