Conférence sur les recherches en cours dans la Grotte Chauvet-Pont d’Arc, par deux membres de l’équipe scientifique actuelle.

La grotte Chauvet-Pont d’Arc : l’utilisation du feu dans une grotte ornée au Paléolithique

Catherine Ferrier : Docteur en Géologie du Quaternaire et Préhistoire – UMR 5199 PACEA, Bordeaux

Jean Leblanc : Docteur en Science des Matériaux et des Techniques – UMR 5608 TRACES, Toulouse

La grotte ornée du Pont d’Arc, dite grotte Chauvet-Pont d’Arc, est située dans un plateau calcaire traversé par les méandres de l’Ardèche dans le sud de la France. Elle a été fermée par un éboulement il y a environ 21 000 ans et est restée scellée jusqu’à sa redécouverte en 1994, ce qui a permis de la conserver de façon exceptionnelle. Elle recèle les plus anciennes représentations picturales connues à ce jour, que la datation au radiocarbone fait remonter à la période de l’Aurignacien (entre 43 000 et 35 000 BP). On y trouve notamment des représentations de différentes espèces animales (mammouths, ours, lions des cavernes, rhinocéros, bisons, auroch, etc.), plus de 4 000 restes de la faune du paléolithique (surtout d’ours des cavernes) et des empreintes de pas humains. La qualité esthétique et exceptionnelle des représentations témoigne d’une large gamme de techniques, notamment la maîtrise de l’estompe, la combinaison peinture-gravure, la précision anatomique, la représentation tridimensionnelle et du mouvement. En différents lieux de la grotte des impacts thermiques observables sur les parois, associés à des restes de charbons de bois au sol, témoignent de la réalisation d’importants feux attribuables à des applications fonctionnelles et/ou à des fonctions symboliques.

Légende et crédit photo :

Grotte Chauvet-Pont d’Arc, salle Hillaire, Panneau des Chevaux. Arnaud Frich. Centre National de Préhistoire. Ministère de la Culture et de la Communication.